Les formations initiales supérieures du BTP
Du bac+2 au mastère spécialisé
Les BTS
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FORMATIONS INITIALES SUPÉRIEURES DU BTP
Du bac+2 au mastère spécialisé
Les filières de formation supérieure dans le BTP font le plein. Les jeunes se tournent vers un secteur qui recrute et qui soigne son image.
Le BTP va bien et manifestement cela se sait. Jadis en partie désertées au profit d’autres secteurs plus porteurs, les formations initiales supérieures BTP font le plein de jeunes.
« Dans le BTP, les sections de bac STI génie civil et de BTS sont bien remplies, note André Montes, seul inspecteur général de l’Education nationale en charge de la construction au sein du groupe sciences et techniques industrielles (STI, le recrutement d’un second IG BTP est en cours). Le BTP souffrait d’un déficit d’image par rapport aux autres STI. Ce n’est plus le cas », se félicite-t-il.
Course au diplôme. Même constat pour les DUT, les licences professionnelles, masters et autres écoles d’ingénieurs. Les classes sont pleines et les opportunités de carrières réelles pour les jeunes diplômés. La bonne santé du secteur, les nombreuses campagnes d’information ont fini par payer. Sans parler du viaduc de Millau, qui s’est avéré une formidable vitrine.
Selon le ministère de l’Education nationale, les effectifs de jeunes dans l’enseignement supérieur ont été multipliés par sept en l’espace de trente ans. La course au diplôme a encore de beaux jours devant elle. La réforme de l’enseignement supérieur y contribue largement. Elle reconnaît trois grades au niveau européen : licence (bac + 3), master (bac + 5) et doctorat (bac + 8). Déjà, de plus en plus de jeunes DUT ou BTS poursuivent un an en licence professionnelle pour décrocher ce premier grade de licence. Certains redoutent même la disparition des bac + 2. A court terme, le danger est faible tant les entreprises sont friandes des BTS et DUT. A tel point qu’elles se plaignent de l’insuffisance du nombre de jeunes diplômés.
Tendances de fond. Pour pallier ce manque, les entreprises n’hésitent plus à former leurs futurs techniciens et cadres par la voie de l’apprentissage. C’est l’une des tendances de fond. La voie scolaire classique n’est plus l’unique possibilité d’accès au diplôme. L’alternance progresse, y compris pour les ingénieurs. Les écoles d’ingénieurs par apprentissage connaissent un franc succès auprès des jeunes et des entreprises.
Seule certitude, la course aux jeunes diplômés a déjà démarré.
Cette année, 2 500 jeunes seulement vont passer leur bac STI génie civil (ils étaient 2 400 en 2004). Eux seuls se destinent au secteur du BTP ; les autres bacheliers (notamment les séries « S ») n’ont pas arrêté leur orientation.
Le challenge pour les écoles et les entreprises, du secteur, est clairement pour les années à venir de leur donner envie de rejoindre le BTP.
| VES MALIER, membre de l’Académie de technologie, ancien directeur de l’ENS Cachan : « Tout n’est pas toujours fait pour attirer les jeunes » Le génie civil est-il bien couvert dans le paysage de l’enseignement supérieur? Oui. Les champs du BTP sont bien représentés au niveau des bac + 2, BTS et DUT, des bac + 3, licences professionnelles et des bac + 5, diplômes d’ingénieurs et formations universitaires. Le seul bémol viendrait du contenu professionnel de l’enseignement depuis le classement, par l’Education nationale dans les années 80, du BTP dans la seule spécialité « mécanique ». Professeurs et maîtres de conférence titulaires ont tous des origines académiques de « mécanique ». Ce qui rejaillit sur l’enseignement, très orienté vers le calcul et moins vers les méthodes d’exécution, le management des travaux ou encore la prescription. Les jeunes diplômés bac + 2, notamment les DUT, poursuivent massivement leurs études. Comment freiner cette tendance ? Dans le BTP, composé d’une myriade de PME, les techniciens supérieurs jouent un rôle essentiel. Pourtant, peu de DUT intègrent les entreprises. En effet, les premiers qui représentent 10 %-15 % d’une promotion, poursuivent leurs études en école d’ingénieurs. Les 40 % suivant s’orientent vers une licence et une maîtrise tandis que l’administration et les collectivités locales recrutent les autres. Seule une infi me minorité des meilleurs diplômés part travailler en entreprise. Ce phénomène existe aussi avec les BTS qui poursuivent leurs études en licence professionnelle. Mais tout n’est pas toujours fait pour attirer ces jeunes et les faire progresser, ou, quand cela est fait, l’information n’est pas diffusée auprès des jeunes en formation. Pour intégrer davantage de « têtes de classe », les entreprises doivent pouvoir leur proposer des perspectives de carrière comparables à terme à celles des bac + 5. Les dispositifs existent mais restent sous-utilisés dans le BTP. Je pense bien sûr à la validation des acquis de l’expérience mais aussi au titre d’ingénieur diplômé par l’Etat, délivré à des salariés justifi ant de cinq années de pratique professionnelle dans des fonctions communément confiées à des ingénieurs. Le niveau bac + 5 est devenu un standard pour le secteur. Quel regard portez-vous sur ces formations ? Elles sont excellentes au plan théorique mais restent insuffi santes au plan professionnel. Il est vrai aussi que les professionnels n’aident pas toujours quand ils croient culturel d’afficher, lors de leur participation à nos conseils d’établissement, que « l’essentiel n’est que la formation générale que le reste s’apprendra sur le tas ». Je peux témoigner que de tels propos ne sont jamais entendus hors de l’Hexagone, dans les excellentes « écoles » concurrentes de Lausanne, Londres ou Berkeley. PROPOS RECUEILLIS PAR E. N. |

















