Les femmes dans le BTP
« Les femmes du bâtiment changent de profil »

MARIE-HÉLÈNE PONS, présidente régionale des groupes femmes de la FFB Rhône-Alpes répond aux questions du Moniteur.
Vous êtes la nouvelle présidente régionale des groupes femmes de la fédération Rhône-Alpes. Un titre unique en France. Pourquoi ?
Au début de son mandat, Christian Baffy, alors président de la FFB, s’était fixé comme objectif d’atteindre 30 000 femmes dans le bâtiment et de favoriser l’intégration des femmes sur les chantiers. En Rhône-Alpes, les sept groupes femmes étaient déjà très dynamiques et Marie Ruiz (1) lui avait demandé d’augmenter la représentativité des femmes dans la vie syndicale. D’où, il y a six ans, la création de ce titre qui permet, depuis, à la présidente régionale des groupes femmes de siéger au conseil d’administration de la FFB Rhône-Alpes !
Quelles sont vos priorités ?
L’organisation de notre séminaire régional constitue le fil rouge de nos réunions. Nous venons de réaliser le cinquième à Saint-Etienne qui a drainé une centaine d’adhérentes autour du thème du design. Se retrouver permet de partager nos expériences, de créer un véritable réseau.
En tant que présidente du groupe femmes de la fédération iséroise depuis 2004, quel regard portez-vous sur l’évolution de ces groupes en Rhône-Alpes ?
Il y a un véritable changement de profil de nos adhérentes : il est en train de passer de celui de « femme de » chef d’entreprise à femme chef d’entreprise ! Ceci devrait se renforcer : les filles sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans les cursus du bâtiment.
L’image du BTP auprès des jeunes change-t-elle ?
Je pense que oui. On s’y emploie au sein de nos groupes ! Le métier n’est pas facile mais il a changé : on l’exerce différemment, les techniques ont évolué, on améliore le bien-être des salariés. Et le niveau de rémunération s’est amélioré.
A 28 ans, vous travaillez depuis sept ans dans l’entreprise familiale Sogics, prix de la construction Le Moniteur 2008. Etes-vous toujours candidate à la reprise ?
Plus que jamais. Mais je m’y prépare naturellement, sans trop y penser. Les responsabilités se prennent au fi l du temps. L’échéance sera certainement lors du départ à la retraite de mon père… ce qui me laisse encore au moins deux ans !
PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE AMBREGNA ¦
(1) La prédécesseure.
16 janvier 2009 • Le Moniteur
Koné lance une opération pilote pour la main d’œuvre féminine
Koné se tourne vers la gent féminine pour embaucher sur un métier en tension : la maintenance en ascenseurs. La filiale française du groupe finlandais, spécialisée notamment dans les ascenseurs et les escaliers mécaniques, lance en effet une action de formation - recrutement en alternance dédiée aux femmes.
« Il y a quelques années, nous avons commencé à recruter incidemment quelques femmes dans ce secteur très masculin, raconte Béatrice Bretegnier, directrice du personnel de Koné Sud-Est. La maintenance en ascenseurs n’exige en effet pas de travail en force. Nous nous sommes ainsi aperçus que les femmes possèdent un certain nombre d’atouts. »
Former avant de recruter
Or, sur près de 2 800 techniciens en France, seules cinq femmes exercent chez Koné. Car dans sa quête de salariés, l’entreprise se heurte régulièrement à un écueil. « Le principal problème, c’est qu’elles ne possèdent pas la formation nécessaire, les prérequis à une embauche », analyse la directrice. Au terme de travaux menés avec des partenaires comme le Greta (pôle de formation des adultes de l’Education nationale), les Assedic et l’ANPE, Koné trouve alors la solution : former avant de recruter. Des opérations de présélection actuellement battent leur plein. Il s’agit d’atteindre un minimum de huit à dix femmes remplissant l’ensemble des critères. A savoir un bon contact, un certain sens pratique et le goût pour la technique… Un ensemble sinon de compétences, de différentes qualités.
Les personnes retenues suivront, dès septembre prochain, une formation de « mise à niveau technique » de deux mois au sein du lycée des Eucalyptus de Nice. La suite ? Un an en alternance dans l’entreprise en contrat de professionnalisation, puis la délivrance du CQP (certificat de qualification professionnel) d’agent de maintenance en ascenseurs. Une première en France, selon Béatrice Bretegnier.
« Cette opération pilote s’inscrit en outre dans la logique de notre accord égalité hommes femmes signé en 2007 », souligne-t-elle. Koné s’est engagée à recruter quatre diplômées dans la direction régionale de Côte d’Azur. Pas davantage ? « Il n’est pas possible pour tout le monde d’intégrer des femmes dans ce milieu. C’est une opération pilote, et nous souhaitons que cela se passe bien. »
Caroline Gitton, Le Moniteur 6 juin 2008
